Résistance, agentivité, exil et (auto)reconstruction dans L’Interdite de Malika Mokeddem.
Keywords:
Female Agency, Exile, Self-Reconstruction, Postcolonial Feminism, L'Interdite., Agentivité féminine, Exil, Reconstruction de soi, Féminisme Postcolonial, L’Interdite.Abstract
Questions of exile, displacement, and identity reconstruction have become central concerns in
contemporary Maghrebi women's writing. Although existing scholarship has extensively
examined themes of exile and identity in Malika Mokeddem's L'Interdite, however, relatively
little attention has been devoted to the ways female agency functions as a mechanism of resistance
and self-reconstruction. This study investigates therefore, the representation of female agency in
L'Interdite with particular emphasis on exile and identity reconstruction. The article adopts Gayatri
Chakravorty Spivak's Postcolonial Feminist theory because of its concern with the silencing of
marginalized women, the politics of representation, and the recovery of subaltern voices within
postcolonial societies. Using a qualitative research design, the study employs textual analysis to
examine how the protagonist negotiates displacement, memory, cultural constraints, and gendered
exclusion. Findings reveal that female agency is expressed through acts of self-definition,
resistance to patriarchal and ideological restrictions, the reclamation of voice, and the
reconstruction of identity across transnational spaces. The novel further demonstrates that exile,
rather than functioning solely as a condition of loss, becomes a transformative site for self
discovery, autonomy, and empowerment. The study concludes that L'Interdite redefines exile as a
catalyst for female self-reconstruction and agency. It recommends increased scholarly attention to
the intersections of gender, migration, and identity in Francophone North African literature and
highlights the importance of amplifying women's voices in postcolonial literary discourse.
Résumé
Cette étude a examiné la représentation de l’agentivité féminine dans L’Interdite de Malika
Mokeddem en mettant l’accent sur l’exil et la reconstruction identitaire. Bien que les recherches
existantes aient largement analysé les thèmes de l’exil et de l’identité dans ce roman, elles ont
accordé relativement peu d’attention à la manière dont l’agentivité féminine fonctionne comme
un mécanisme de résistance et de reconstruction de soi. L’étude s’est appuyée sur le féminisme
postcolonial de Gayatri Chakravorty Spivak en raison de son intérêt pour le silence imposé aux
femmes marginalisées, la politique de la réappropriation de la voix des subalternes dans les
sociétés postcoloniales. Une méthodologie qualitative fondée sur l’analyse textuelle a été adoptée
afin d’examiner la manière dont la protagoniste a négocié le déplacement, la mémoire, les
contraintes culturelles entre autre. Les résultats ont montré que l’agentivité féminine s’est
manifestée à travers l’affirmation de soi, la résistance aux contraintes patriarcales et idéologiques,
la reconquête de la parole et la reconstruction de l’identité dans des espaces transnationaux. Le
roman a également démontré que l’exil n’a pas seulement constitué une expérience de perte, mais
qu’il est devenu un espace de transformation, d’autonomie et d’émancipation. L’étude a conclu
que L’Interdite a redéfini l’exil comme un catalyseur de la reconstruction identitaire et de
l’agentivité féminine. Elle a recommandé de renforcer les recherches sur les intersections entre le
genre, la migration et l’identité dans la littérature francophone maghrébine, tout en accordant une
plus grande visibilité aux voix féminines dans le discours littéraire postcolonial.